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Financer une entreprise : sources, aides et montages à chaque étape

Financer une entreprise : sources, aides et montages à chaque étape

Un financement d'entreprise solide combine plusieurs sources : prêt bancaire, prêt d'honneur, aides de Bpifrance et de la région, financement participatif ou investisseur. Le bon mode de financement dépend du stade de l'activité, création, croissance ou reprise, et de la part de contrôle que l'entrepreneur accepte de partager.

Trois repères avant de chercher des fonds

Fonds propres d'abord
L'apport en capital et le prêt d'honneur rassurent la banque et créent l'effet de levier qui rend l'emprunt bancaire possible.
Dette ou capital
La dette se rembourse mais laisse le contrôle ; le capital risque ne se rembourse pas mais dilue le capital social.
Un dossier, plusieurs guichets
Le même business plan sert à la banque, à Bpifrance, aux réseaux de prêt d'honneur et aux investisseurs.

Comment financer un projet d'entreprise sans se tromper d'ordre ?

La réponse tient en une règle : on monte un financement d'entreprise de bas en haut. On commence par les fonds propres (apport personnel, love money, prêt d'honneur), on ajoute ensuite les aides au financement et les garanties publiques, puis on va chercher l'emprunt bancaire, qui vient compléter le tout. Une banque prête rarement sur un projet où le créateur n'a rien engagé : l'apport est le premier signal de confiance qu'elle regarde.

Ce schéma s'explique par l'effet de levier. Chaque euro de fonds propres permet d'emprunter davantage, parce que la banque mesure son risque à la part du projet que l'entrepreneur porte lui-même. Un prêt d'honneur, accordé à titre personnel au créateur, sans intérêts ni garantie, est apporté ensuite au capital de la société : il gonfle les fonds propres et améliore la capacité d'emprunt. C'est la raison d'être des réseaux comme Initiative France, Réseau Entreprendre ou France Active.

Les entreprises qui inversent l'ordre, en allant d'abord voir la banque puis en cherchant un apport pour combler l'écart, perdent souvent plusieurs mois. Le plan de financement doit donc être construit avant le premier rendez-vous : besoins listés d'un côté (investissements, frais de création, fonds de roulement), ressources de l'autre, avec un total égal. Les deux colonnes doivent s'équilibrer, et chaque ligne doit pouvoir être justifiée par un devis, une offre ou un accord de principe.

Le besoin en fonds de roulement est le poste le plus souvent oublié. Une entreprise qui paie ses fournisseurs avant d'être payée par ses clients doit financer cet écart, et il grandit avec le chiffre d'affaires. La page sur le BFR d'une entreprise rentable qui grandit montre pourquoi une société peut manquer de trésorerie en pleine croissance. L'intégrer au plan de financement dès le départ évite de retourner voir la banque six mois après l'ouverture, en position de faiblesse.

Quelles sont les sources de financement disponibles ?

Les sources de financement d'une entreprise se rangent en trois familles. Les fonds propres appartiennent à l'entreprise et ne se remboursent pas : apport personnel, apport en capital des associés, love money des proches, entrée d'un business angel ou d'un fonds de capital risque. Les quasi-fonds propres sont des dettes que la banque traite comme du capital : prêt d'honneur, prêt participatif, certains prêts de Bpifrance sans garantie sur les biens. Les dettes, enfin, se remboursent avec intérêts : prêt bancaire classique, crédit-bail, découvert, affacturage, cession Dailly.

À ces trois familles s'ajoutent les aides publiques, qui ne sont pas une source autonome mais un accélérateur : subvention, avance remboursable, garantie, exonération de charges. Elles s'adossent presque toujours à un financement existant. Une région verse rarement une subvention à un projet qui n'a ni banque ni apport : elle cofinance.

Le tableau ci-après compare les principales sources de financement sur les critères qui comptent pour le dirigeant : le coût, l'effet sur le contrôle de la société et ce qu'il faut apporter pour les obtenir. Il ne donne aucun taux, parce que les conditions varient d'une banque, d'une région et d'un dossier à l'autre.

SourceNatureCoûtContrôle du dirigeantCondition principale
Apport personnelFonds propresAucun intérêtIntactÉpargne disponible
Prêt d'honneurQuasi-fonds propresTaux zéro, sans garantieIntactPassage devant un comité
Prêt bancaireDetteIntérêts et assuranceIntactApport, garanties, business plan
Crédit-bailLocation financièreLoyers, souvent plus chers qu'un créditIntactBien identifiable (véhicule, machine)
Financement participatifDon, prêt ou capitalCommission de la plateformeIntact, sauf en capitalCommunauté à mobiliser
Business angels, capital risqueFonds propresPart du capital cédéePartagéFort potentiel de croissance
Subvention publiqueAide non remboursableAucunIntactCritères du dispositif, dépenses justifiées

Quels types de financement existent pour une TPE PME ?

Pour une TPE PME, le type de financement se choisit selon ce qu'il finance. Un investissement durable (local, machine, fonds de commerce) se finance par un emprunt d'une durée proche de sa durée d'usage. Un besoin de trésorerie court se couvre par des outils courts. Financer un camion sur un découvert, ou une période creuse sur un crédit à sept ans, sont les deux erreurs classiques.

Les financements de l'investissement

Le prêt bancaire amortissable reste le mode de financement le plus utilisé par les PME françaises, selon les enquêtes trimestrielles de la Banque de France sur l'accès des entreprises au crédit. Il se négocie sur la durée, le taux, l'assurance et surtout les garanties demandées. Le crédit-bail (leasing) est une alternative pour les biens identifiables : la société loue le bien avec une option d'achat en fin de contrat, sans immobiliser son apport. Pour un véhicule, une machine de l'industrie ou un équipement technique, ce choix entre location et achat se fait sur le coût total et la durée d'usage. L'immobilier professionnel suit une logique propre : crédit immobilier classique, crédit-bail immobilier, ou achat des murs par une structure distincte (souvent une SCI) qui loue ensuite le local à l'entreprise.

Les financements du cycle d'exploitation

Le cycle court se finance avec des outils adossés aux créances clients. La cession Dailly permet de céder des factures à la banque contre une avance de trésorerie. L'escompte commercial fonctionne de la même façon pour les effets de commerce (lettres de change) : la banque avance leur montant avant l'échéance, contre une commission d'escompte. L'affacturage confie le recouvrement à un factor qui avance le montant des factures. Le découvert autorisé et la facilité de caisse absorbent les écarts de quelques semaines. Ces outils coûtent plus cher qu'un crédit d'investissement, rapporté à la durée, et ne doivent pas devenir un financement permanent.

Les financements en capital

L'ouverture du capital fait entrer de nouveaux associés : proches (love money), business angels, fonds d'amorçage, fonds de capital risque. Ce financement n'est accessible qu'aux sociétés (SAS, SARL, SA) : une entreprise individuelle n'a pas de capital à ouvrir. La forme juridique choisie à la création conditionne donc les sources de financement accessibles plus tard, un point à garder en tête au moment d'arbitrer entre SASU et EURL pour un créateur seul, la SAS étant la forme la plus souple pour accueillir des investisseurs.

Comment obtenir un prêt pour une entreprise ?

Obtenir un prêt bancaire se prépare avant d'en avoir besoin. La banque analyse trois choses : la capacité de remboursement (le projet dégage-t-il assez de trésorerie pour payer les échéances ?), l'engagement du dirigeant (quel apport, quelle expérience ?) et les garanties (que récupère-t-elle si le projet échoue ?). Le dossier de financement doit répondre aux trois questions avant qu'elles soient posées.

Un dossier de financement complet contient :

  • un business plan qui explique le marché, l'offre, la concurrence et la stratégie commerciale ;
  • un prévisionnel financier sur trois ans : compte de résultat, plan de trésorerie mensuel la première année, plan de financement ;
  • les devis des investissements à financer ;
  • la preuve de l'apport personnel et, le cas échéant, l'accord des prêts d'honneur ;
  • pour une entreprise existante, les trois derniers bilans et une situation comptable récente.

Côté garanties, la banque demande souvent une caution personnelle du dirigeant. Elle peut être limitée en montant et en durée : c'est un point de négociation. La garantie de Bpifrance, qui couvre une partie du prêt pour le compte de la banque, réduit le risque supporté par celle-ci et donc la caution exigée. Le nantissement du fonds de commerce ou du matériel financé est également courant.

Le choix de l'établissement compte autant que le dossier. Solliciter deux ou trois banques en parallèle permet de comparer les conditions, et la banque qui tient les comptes au quotidien n'est pas forcément la plus disposée à prêter. Les frais de tenue de compte, la présence d'un conseiller dédié et l'appétit de l'établissement pour les jeunes structures aident à faire ce tri. En cas de refus de crédit, la médiation du crédit aux entreprises, assurée par la Banque de France dans chaque département, peut être saisie gratuitement en ligne.

Quelles aides pour créer une entreprise ?

Les aides au financement de la création se cumulent souvent, mais chacune a ses conditions. Elles se répartissent entre aides nationales, régionales et aides des réseaux d'accompagnement.

Au niveau national, deux dispositifs concernent les créateurs indemnisés par France Travail. L'ACRE (aide à la création ou à la reprise d'une entreprise) allège les cotisations sociales pendant la première année d'activité, sous conditions. L'ARCE permet de toucher une partie des droits au chômage restants sous forme de capital, versé en deux fois, au lieu de mensualités : cet argent peut servir d'apport. Les deux options s'excluent pour partie avec le maintien des allocations, et le choix se fait au cas par cas avec un conseiller, sur la base des règles en vigueur publiées sur service-public.fr.

Bpifrance, la banque publique d'investissement, intervient en garantie de prêts bancaires, en prêts sans garantie personnelle aux côtés des banques, et en aides à l'innovation (subventions et avances remboursables pour les projets innovants). Son site bpifrance-creation.fr recense les aides par région et par profil, avec un outil de recherche qui filtre les dispositifs selon le projet.

Les régions ont leurs propres outils : prêts à taux zéro, fonds d'amorçage, subventions pour l'embauche ou l'investissement dans certains territoires. Les conditions changent d'une région à l'autre et d'une année à l'autre ; le portail mesaidespubliques d'Infogreffe et le site de la région restent les références.

Les réseaux associatifs complètent le dispositif. Le prêt d'honneur d'Initiative France ou de Réseau Entreprendre s'accompagne d'un parrainage par un chef d'entreprise. L'Adie, association à but non lucratif, accorde un microcrédit professionnel aux personnes qui n'ont pas accès au crédit bancaire classique, avec un accompagnement à la gestion. Cet accompagnement n'est pas un détail : les entreprises suivies par ces réseaux affichent, d'après leurs propres bilans annuels, des taux de pérennité supérieurs à la moyenne nationale.

Transition, innovation, international : les financements thématiques

Une part croissante des aides au financement ne dépend plus du stade de l'entreprise mais de la nature de l'investissement. Les projets de transition énergétique (rénovation d'un bâtiment, équipement moins énergivore, mobilité électrique de la flotte) peuvent bénéficier de prêts dédiés de Bpifrance et d'aides de l'ADEME, souvent attribuées par appel à projets. La décarbonation de l'industrie, la mobilité durable et l'économie circulaire font l'objet d'appels réguliers, publiés sur les sites de ces organismes et des régions.

L'innovation dispose de ses propres outils : subventions et avances remboursables de Bpifrance, concours d'innovation comme i-Lab ou i-Nov, crédit d'impôt recherche et crédit d'impôt innovation, qui réduisent l'impôt sur les sociétés à proportion des dépenses éligibles. Ces dispositifs financent aussi l'immatériel (recherche, prototypes, logiciel), que la banque finance mal faute de bien à prendre en garantie. Le développement à l'international, enfin, s'appuie sur l'assurance prospection de Bpifrance et sur l'accompagnement de Team France Export, qui limitent le risque d'un premier marché étranger.

Du côté des particuliers qui investissent dans une PME, la réduction d'impôt sur le revenu accordée à la souscription au capital de petites sociétés (dite IR-PME) rend la love money plus attractive : c'est un argument à avancer auprès des proches sollicités. Les structures de l'économie sociale et solidaire ont accès à des financements spécifiques, notamment ceux de France Active, réseau de finance solidaire qui garantit et finance des entreprises à impact.

Le financement participatif, pour qui et à quel prix ?

Le financement participatif, ou crowdfunding, consiste à lever des fonds auprès du public via une plateforme agréée. Il existe sous trois formes, qui n'ont rien en commun pour l'entreprise. Le don avec contrepartie (Ulule, KissKissBankBank, Miimosa pour l'agriculture) finance un projet en échange d'un produit ou d'un avantage : c'est souvent une prévente déguisée. Le prêt participatif (crowdlending) fait prêter des particuliers à l'entreprise avec intérêts. L'investissement en capital (equity crowdfunding, par exemple Wiseed) fait entrer des centaines de petits actionnaires au capital.

Cette solution convient aux projets qui ont une histoire à raconter et une communauté à mobiliser : produit de consommation, commerce de proximité, projet culturel ou agricole. Elle sert aussi de test de marché, puisqu'une campagne qui échoue renseigne sur l'intérêt réel du public. En contrepartie, la campagne demande un vrai travail de communication pendant plusieurs semaines, la plateforme prélève une commission, et une collecte réussie ne dispense pas d'un financement bancaire pour la suite. Plusieurs banques regardent d'ailleurs une campagne réussie comme une preuve de marché qui facilite le prêt.

Comment financer la croissance d'une entreprise ?

Financer la croissance pose un problème différent de la création : l'entreprise a un historique, mais ses besoins augmentent plus vite que sa capacité d'autofinancement. Recruter, ouvrir un second site, lancer un produit ou exporter supposent d'avancer des fonds avant d'encaisser. La croissance consomme de la trésorerie, et une bonne gestion de trésorerie en PME est la condition pour savoir combien emprunter et quand.

L'autofinancement, c'est-à-dire le bénéfice laissé dans l'entreprise plutôt que distribué, reste la première ressource. Il ne coûte rien et renforce les capitaux propres, ce qui améliore le profil de l'entreprise auprès des banques. Quand il ne suffit pas, la banque finance les investissements de développement, souvent avec une garantie de Bpifrance. Bpifrance propose aussi des prêts de développement, sans garantie sur les actifs, pensés pour financer l'immatériel (recrutements, marketing, export) que la banque finance mal.

Au-delà, l'ouverture du capital à des investisseurs devient la voie naturelle des entreprises en forte croissance. Les business angels apportent des fonds et un réseau dans les premières années ; les fonds de capital risque prennent le relais sur des montants plus élevés, en échange d'une participation et d'une gouvernance partagée. Les investisseurs attendent une sortie, revente ou introduction en bourse, à un horizon de quelques années : ce modèle n'a de sens que si le dirigeant accepte cette perspective.

Pour les besoins courts liés à la croissance (clients qui paient à soixante jours, stock à constituer), l'affacturage est souvent plus adapté qu'un emprunt. Ce que coûte réellement l'affacturage pour une TPE, comparé au découvert, permet de juger s'il est rentable sur un cas donné.

Comment financer une reprise d'entreprise ?

La reprise d'entreprise se finance avec les mêmes briques que la création, mais assemblées autrement. Le repreneur achète des titres ou un fonds de commerce dont la valeur dépend des résultats passés : la banque peut s'appuyer sur un historique, ce qui facilite le prêt bancaire. La plupart des banques financent volontiers une reprise saine, à condition que le repreneur apporte une part significative du prix.

Le montage le plus courant passe par une holding de reprise : le repreneur crée une société qui emprunte pour racheter les titres de la cible, puis rembourse l'emprunt grâce aux dividendes que lui verse l'entreprise rachetée. C'est le principe du LBO, qui repose sur l'effet de levier de la dette. Il fonctionne si l'entreprise reprise dégage assez de trésorerie pour payer à la fois son activité et les échéances de la holding.

Plusieurs leviers propres à la reprise réduisent le besoin d'apport :

  • le crédit vendeur : le cédant accepte qu'une partie du prix soit payée en plusieurs fois, ce qui montre aussi à la banque qu'il croit en la suite ;
  • le prêt d'honneur reprise, proposé par Initiative France et Réseau Entreprendre ;
  • la garantie de Bpifrance sur le prêt de reprise ;
  • l'entrée d'un fonds ou d'investisseurs minoritaires dans la holding pour les opérations plus importantes.

Reprendre une entreprise impose aussi d'évaluer correctement le besoin en fonds de roulement de la cible et les investissements différés par le cédant : un prix juste avec un parc de machines à renouveler peut cacher un second besoin de financement dans les deux ans.

Quelle source de financement à chaque étape de la vie de l'entreprise ?

La même entreprise change de financeurs au fil de son développement. Le tableau suivant croise les étapes de la vie d'une entreprise avec les sources les plus adaptées à chacune, en indiquant ce qui est généralement attendu par les financeurs.

ÉtapeSources prioritairesCe que regardent les financeurs
CréationApport personnel, love money, prêt d'honneur, ARCE, prêt bancaire garanti, microcréditProfil du créateur, cohérence du business plan, apport
Démarrage et premiers clientsDécouvert, cession Dailly, crowdfunding en don, aides régionalesPremières ventes, tenue des comptes, trésorerie
CroissanceAutofinancement, emprunt bancaire, prêt de développement Bpifrance, affacturage, business angelsRentabilité, bilans, capacité de remboursement
InnovationSubventions et avances remboursables, fonds d'amorçage, capital risqueCaractère innovant, équipe, marché visé
RepriseHolding et prêt bancaire, crédit vendeur, prêt d'honneur reprise, investisseurs minoritairesRésultats historiques de la cible, expérience du repreneur

Ce découpage reste indicatif. Une société de services peu capitalistique peut se créer sans prêt bancaire, alors qu'un commerce ou une activité industrielle en a presque toujours besoin dès le départ. La lecture qui compte est celle des besoins réels, chiffrés dans le plan de financement, et non la recherche d'un financement parce qu'il existe.

Monter un plan de financement que les financeurs croient

Le plan de financement est le document que tous les financeurs lisent en premier, et chaque entrepreneur a la possibilité de le faire relire avant de le présenter. Il doit montrer que chaque besoin a une ressource adaptée en durée et en nature, et qu'aucune ressource n'est hypothétique. Un prêt « en cours de discussion » n'est pas une ressource : seuls les accords obtenus ou les apports versés comptent pour convaincre le financeur suivant.

Quelques erreurs reviennent souvent dans les dossiers refusés :

  • un besoin en fonds de roulement oublié ou sous-estimé, qui fait manquer de trésorerie dès les premiers mois ;
  • un apport personnel trop faible au regard du montant demandé ;
  • un prévisionnel de chiffre d'affaires sans justification (étude de marché, carnet de commandes, références) ;
  • des charges sociales du dirigeant oubliées dans le compte de résultat prévisionnel ;
  • une demande adressée à la banque le mois où l'argent est nécessaire, sans marge de négociation.

Un expert-comptable, la CCI, la chambre de métiers ou un réseau de prêt d'honneur peuvent relire le dossier avant de le présenter. Cet accompagnement est souvent gratuit au stade de la création, et il évite de griller une première rencontre bancaire avec un dossier incomplet. Les chiffres doivent être cohérents d'un document à l'autre : un écart entre le business plan et le prévisionnel suffit à faire douter un analyste crédit.

Financement d'entreprise : réponses aux cas qui bloquent

Peut-on créer une entreprise sans apport ?

C'est possible, mais rare avec un prêt bancaire classique. La voie la plus réaliste consiste à se constituer un apport avec un prêt d'honneur, l'ARCE pour un demandeur d'emploi, ou des fonds de proches, puis à présenter ce total à la banque. Le microcrédit de l'Adie s'adresse aussi aux créateurs qui n'ont pas accès au crédit bancaire.

Le prêt d'honneur est-il remboursé par l'entreprise ou par le créateur ?

Par le créateur : le prêt d'honneur est un prêt personnel, sans intérêts ni garantie, que le bénéficiaire apporte ensuite à son entreprise. C'est ce qui lui permet de jouer le rôle de fonds propres aux yeux de la banque.

Que faire après un refus de crédit bancaire ?

Demander les motifs du refus, retravailler le dossier sur le point faible (apport, garanties, prévisionnel), solliciter d'autres banques et, en cas de blocage, saisir la médiation du crédit aux entreprises de la Banque de France, une démarche gratuite qui se fait en ligne.

Faut-il ouvrir son capital pour grandir ?

Non, beaucoup de PME se développent par l'autofinancement et l'emprunt bancaire. Ouvrir le capital à des business angels ou à du capital risque se justifie quand la croissance visée dépasse ce que la dette peut financer, et que le dirigeant accepte de partager les décisions.

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